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Radio
Live

Conception
Amélie Bonnin
Aurélie Charon

Image
Thibault de Chateauvieux

Production et diffusion
Mathilde Garmon

Projet associé au
Théâtre National de Chaillot
2022-2025

La
relève

Un nouveau cycle

Radio live – La Relève, un nouveau cycle de récits de vies du monde entier sur scène mené par le collectif Radio live.

Le spectacle peut s’envisager sous deux formes

  • les portraits (1h10)
  • les récits croisés (2h)

Dans le prolongement du projet Radio live mené depuis 2013 sur scène, où une cinquantaine de jeunes de plus de 30 nationalités ont témoigné de leurs histoires, Aurélie Charon et Amélie Bonnin (co-fondatrices, avec Caroline Gillet, du spectacle documentaire Radio live) ouvrent un nouveau cycle de ce projet collectif et international sans équivalent, qui fait résonner des amitiés et un dialogue au long cours entre des jeunes gens engagés du monde entier : La Relève.

Une forme scénique renouvelée, avec des images filmées où les visages des générations précédentes et de celles qui arrivent entrent dans l’histoire.

Ils·elles auront 20 et 30 ans sur scène. Mais entre 6 et 85 ans sur l’écran.

Nous aimons provoquer des rencontres qui n’auraient pas dû ou pas pu exister. Nous avons créé une communauté de jeunes gens engagés, qui se relaient pour se raconter.

Eux n’ont rien préparé. Ils nous font confiance.

De ces 10 premières années de rencontres et de documentation, pour la radio et pour le projet scénique, nous avons conservé des enregistrements sonores, vidéos, des photographies, nous avons compilé des dessins, des archives, des traces, des souvenirs autour de leurs histoires.

Aujourd’hui nous partons filmer chez ceux que nous connaissons, pour apporter sur scène leurs paysages, leurs familles, leurs parents, grands-parents, leurs pays.

C’est aussi une nouvelle génération qui entre en scène : celles et ceux qui ont entre 11 et 20 ans aujourd’hui.

Ils·elles ne portent pas le même regard que leurs aîné·e·s sur les conflits traversés, les envies de futur, la génération de leurs parents…

La Relève écrit déjà sa propre histoire.

Nous ne sommes plus seules à les interpeller : leur monde les interroge.

Le dialogue entre la parole au plateau et les images filmiques est réinventé, les voyages effectués en vue de ce spectacle nous permettent de recueillir une matière vidéo inédite, de provoquer et d’enregistrer des échanges entre les générations, afin de donner à voir et à entendre différents points de vue sur des histoires communes, des territoires partagés, une société en mouvement.

La Relève se décline en deux propositions scéniques : une forme chorale où l’on assiste aux récits croisés de deux « personnages » ; et des portraits individuels, dont chacun peut être vu comme un épisode d’une série.

Avec Emma Prat à la musique live pour les formes portraits, et Rosemary Standley et Dom La Nena pour les formes récits croisés, Radio live – La relève explore la mise en scène de la parole documentaire à travers une écriture en direct entre images filmées et paroles spontanées. C’est un dialogue continu entre la scène et l’écran qui se crée.

Les personnages

Yannick Kamanzi fait partie de la génération née juste après le génocide au Rwanda. Sa famille n’était pas là en 1994 mais à la frontière au Congo. Il a perdu sa grand-mère pendant le génocide. Il se demande comment sa génération, responsable de l’avenir, hérite de cette histoire. Il a décidé d’écrire des pièces de théâtre pour interpeller les générations précédentes. À travers la danse et le théâtre, il pose les questions qu’il n’ose poser dans la vie quotidienne. Son père et les générations précédentes sont présents à travers les images, mais aussi les plus jeunes. Yannick a décidé que sa génération ne devait rien de- voir aux anciens. Il vient de créer un lieu de théâtre et danse à Kigali.

Hala Rajab est née dans un village de Syrie en 1992, dans une famille communiste. Son père était opposant du régime syrien et avait déjà passé 5 ans en prison quand en 2011, la révolution syrienne commence. Son père doit quitter la Syrie pour l’Egypte, la famille est menacée. Hala est obligée d’arrêter ses études de droit pour travailler. En 2015, alors qu’il essaie de retrouver sa famille, le père d’Hala est arrêté, emprisonné et décède. Fin 2015, Hala et ses sœurs choisissent de quitter la Syrie pour rejoindre Lyon où Hala entame des études de cinéma. Elle vient de terminer ses premiers courts métrages à la CinéFabrique. On repart avec elle en correspondance avec ceux qui sont restés en Syrie.

Ines Tanovic grandit à Mostar en Bosnie, d’un père bosniaque musulman et d’une mère croate catholique. Quand la guerre éclate en 1992, ses parents sont séparés, et sa sœur prise au piège du siège de Sarajevo pendant trois ans. Ines a 9 ans quand elle est touchée par un obus dont elle a encore les éclats dans le corps. Aujourd’hui elle se bat contre les divisions ethniques, pour une démocratie participative et pour le renouveau de la culture en Bosnie.

Martin France a grandi dans le Nord Pas de Calais, dans la famille «France», agricultrice depuis des générations. Son père est un des premiers agriculteurs maraîchers bio de la région, à l’époque, on l’appelle «le sorcier». Martin a voyagé : au Cameroun, en Guadeloupe. Il veut réfléchir à une agriculture solidaire et responsable. Depuis peu, avec sa soeur, ils ont repris la ferme de son père, en permaculture.

Gal Hurvitz vient de Tel Aviv. Gal veut dire « vague » en hébreu, et la décrit bien. Gal aime Pina Baush, la poésie et les auteurs russes. À 20 ans elle est entrée dans la troupe d’Ariane Mnouchkine. Plus tard elle retourne à Tel Aviv, passe son diplôme de mise en scène. Elle refuse de faire l’armée. Récupère son passeport polonais. Travaille au Musée de la Shoah à Paris. Elle a créé un théâtre à Jaffa à Tel Aviv, pour adolescents en difficulté, juifs et arabes mélangés.

Karam al Kafri a grandi à Yarmouk, ville du sud de Damas où les réfugiés palestiniens se sont installés depuis la fin des années 50. En 2011 il a 18 ans, il passe le bac mais c’est aussi l’année de la révolution en Syrie à laquelle il participe dès les premiers mois. Son père décide de l’envoyer étudier à Moscou car la vie devient trop dangereuse. Il y passe deux ans avant de pouvoir rejoindre sa mère et sa sœur à Marseille.

Il vient d’une famille athée, engagée politiquement. Il est homosexuel et a enfin pu le dire librement en France.

Sumeet Samos fait partie des « intouchables », ces parias de la société en Inde. Il a grandi dans un village où on l’attachait à un piquet s’il osait entrer dans le jardin d’une famille de haute caste. Il a appris l’anglais seul, est entrée à l’Université à Delhi et prend la parole pour lutter pour l’éducation des basses castes.

Amir Hassan est arrivé en France il y a 5 ans. Il a grandi dans le camp de la plage el Shati à Gaza. Il échappe de peu à la mort quand un missile entre dans sa chambre. Ado, il écrit des poèmes politiques. A 18 ans il entend parler français à la fac, c’est la première fois qu’il entend cette langue et décide de l’apprendre. Quatre ans plus tard il a son diplôme et il écrit des poèmes en Français, gagne des prix. A 20 ans il sort pour la première fois de la bande de Gaza. A 23 ans il devient assistant d’arabe au Lycée Henri IV. Il enseigne l’arabe à Sciences Po. Aujourd’hui il travaille pour France 24 en arabe. Il a découvert en arrivant en France, une toute autre conception de la famille et de l’égalité homme femme.

Asmaa Samlali a grandi à Casablanca au Maroc dans une famille très traditionnelle et religieuse. Depuis qu’elle est adolescente, elle rêve de faire du cinéma et de monter sur scène. Comme ses parents n’ont pas l’argent de lui payer une école privée, elle est partie seule étudier à Ouarzazate dans une école de cinéma publique. Il n’est pas bien vu d’arriver seule quand on est une jeune femme dans une ville. C’est suspect. On ne vous loue pas un appartement comme ça. Asmaa a dû surmonter tous les préjugés. Par ailleurs, Asmaa aime les filles. «L’amour ça existe mais c’est interdit ici» dit-elle. Au Maroc l’homosexualité est passible de 3 ans de prison. Elle est réfugiée en France, a suivi la classe égalité des chances de la Comédie de St Etienne et commence le théâtre.

Heddy Salem a grandi dans le quartier de la Busserine à Mar- seille. Il découvre la boxe à 15 ans, et décroche de l’école. Il est attiré par l’armée mais finalement n’y reste que deux mois, jusqu’au jour où il découvre le théâtre. C’est un choc. «La culture je pensais que ce n’était pas pour moi» dit-il. Aujourd’hui il a trouvé un nouveau sens sur scène, il écrit des textes sur la liberté et l’égalité, il veut « percuter » le public. Il joue Molière. Il est engagé au Théâtre du Merlan à Marseille pour les relations pu- bliques. Il joue son propre rôle dans le spectacle «Juste Heddy» de Mickaël Phelippeau, un portrait dansé.

Jonathan Haynes est un militant afro américain, ancien étu- diant de Princeton, qui vit actuellement à Washington. Il se bat pour les droits de sa communauté, a obtenu une récompense pour son engagement par l’Université. Fondateur du projet «Voices of black Midland».

Des ateliers autour du récit documentaire sont menés par les membres du collectif (Aurélie Charon pour la radio et le son, Amélie Bonnin pour l’image, Yannick Kamanzi autour du récit de soi, Hala Rajab et Robin Robles sur l’écriture et la réalisation de petits films etc.).

Nous avons travaillé dans les collèges, lycées, en prison.

Ces ateliers sont à géométrie variable, ils s’inventent chaque fois avec le lieu d’accueil, selon la durée et la nature du groupe, mais chaque fois, nous sensibilisons les participant·e·s à l’écriture, au récit documentaire, à la radio, à la narration par l’image, au portrait.

Ils et elles réfléchissent aux récits manquants, et vont récolter ou écrire ces histoires, d’autres vies que les nôtres.

Les conceptrices

Le travail d’Amélie Bonnin est à la frontière entre différentes disciplines. Après des études de design graphique à Paris puis à Montréal, elle se forme à l’écriture de scénario à la Fémis. Selon les projets, elle manie l’écriture, la vidéo et le dessin, pour mettre en forme des récits.

Elle a réalisé deux documentaires La mélodie du boucher (arte), et La bande des Français (France 3, co-réalisé avec Aurélie Charon).

En 2021 elle écrit et réalise Partir un jour, son premier court-métrage de fiction, une comédie musicale avec notamment Bastien Bouillon et Juliette Armanet, qui remporte de nombreux prix en festivals (Prix du public et prix de la meilleure musique au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand ; Prix de la critique, prix du public et prix d’interprétation masculine au Festival Off-courts Trouville ; Film d’ouverture du Festival International du Film Francophone de Namur (…)). Parallèlement à ses projets en tant que scénariste-réalisatrice, elle poursuit son activité de Directrice Artistique, et signe notamment la maquette de la revue La Déferlante.

Aurélie Charon est productrice à France Culture, elle anime Tous en scène, le magazine du spectacle vivant (samedi 20h), et coordonne l’espace de création radiophonique L’Expérience (dimanche 22h et en podcast original).

Diplômée de Sciences Po Paris, Paris III, New York University, elle réalise depuis 2011 des séries documentaires sur la jeunesse engagée pour Radio France, dont Underground Democracy à Gaza, Téhéran, Alger et Moscou. Elle a engagé un travail au long cours sur la jeunesse française avec Une série française (2015 France Inter), Jeunesse 2016 (France Culture) et le film La Bande des Français réalisé avec Amélie Bonnin pour France 3 (2017). Elle fait le récit de ses voyages dans le livre C’était pas mieux avant, ce sera mieux après, paru aux Éditions L’Iconoclaste. Elle créé avec Caroline Gillet et Amélie Bonnin le projet «Radio live, une nouvelle génération sur scène», pour porter ses documentaires au plateau. Elle a créé avec Mathilde Gamon la structure Radio live production.