Une nouvelle aventure

C’est un nouvel épisode de Radio live, une histoire collective qui s’écrit avec trois jeunes femmes trentenaires originaires de Syrie, de Bosnie et d’Ukraine. Au cœur du dispositif toujours : la parole vivante de jeunes gens qui portent leurs récits de vie sur scène. La question de l’engagement et de la transmission des récits entre les générations.

Ines Tanovic, Oksana Leuta et Hala Rajab ont grandi dans des pays en guerre. Certaines étaient enfants, d’autres adultes quand les conflits ont commencé. Sarajevo, c’était la dernière guerre en Europe disait-on, avant que l’Ukraine soit attaquée. La guerre en Syrie n’est pas terminée.

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Oksana-Leuta,-Hala-Rajab,-Ines-et-Zlata-Tanovic-1-©Aurélie-Charon Hala-Rajab-©Aurélie-Charon Ines-Tanovic-©Aurélie-Charon Oksana-Leuta-©Aurélie-Charon

Chacune se pose la question de l’exil : partir ou rester. Deux d’entre elles sont restées dans leurs pays, à Kyiv et Sarajevo. Elles se questionnent sur la façon de raconter la guerre : par le cinéma, la scène ou à travers les médias. Oksana est comédienne et fixeuse pour les journalistes internationaux depuis le début de la guerre totale en Ukraine. Hala veut raconter le quotidien de la guerre à travers le cinéma et la fiction. Inès a créé un lieu d’accueil pour les réfugiés à Sarajevo.

 

Ce sont trois jeunes femmes face au monde, qui tentent de se parler pour faire advenir des temps meilleurs. Ce sont des histoires de transmissions : de mères en filles. Et des histoires d’engagement, d’encouragement.

 

Elles font aussi exister toute une foule d’absents qui eux aussi, avaient à nous parler : les disparus et ceux.celles qui ne pouvaient être là. Elles font parler notre époque en mettant au cœur de la scène et de façon implacable, de nouvelles résistances. Elles disent de façon très concrète comment les corps, les vies, les imaginaires portent l’empreinte de cette expérience de la guerre.

Oksana-Leuta,-Hala-Rajab,-Ines-Tanovic-1-©Aurélie-Charon

Ensemble, nous sommes parties tourner des images à Sarajevo, chez Ines. Les images sont présentes sur l’écran pendant le spectacle et dialoguent avec le présent de la scène. Hala et Oksana ont découvert la Bosnie, ont posé des questions à la famille et l’entourage d’Ines sur ce qui s’ouvre après la guerre : la reconstruction, la réconciliation.

Vivantes_Mère-Ines-©radio-live-production

Six femmes sont en scène

Sur scène, Ines, Oksana, Hala en dialogue avec Aurélie Charon. Sur l’écran à travers les images filmées : les autres générations de chaque famille. Amélie Bonnin (en alternance avec Gala Vanson) compose l’image en direct depuis le plateau. Emma Prat signe la création musicale.

Des visages de femmes plus jeunes et plus âgées sur l’écran, des témoins qui alternent et se relaient au plateau.

 

Nous voulons créer grâce aux images filmées en amont dans chaque pays, une constellation de visages, de fils tirés entre différentes générations de femmes.

sarajevo

Qui a déjà vu les larmes de ses parents ? C’est la question que l’on pose chaque fois. Ici la question de la transmission est encore plus vive. A chaque représentation, une ou deux personnes liées aux récits, de générations différentes, sont invitées-témoins sur scène. Une grand-mère, une petite fille de 10 ans, une sœur. Ça change à chaque fois. Pour que le récit se réajuste et soit inédit chaque soir.

 

Sur scène se crée cet éphémère collectif, avec les présents et les absents que nous convoquons, à travers les images et les dessins en direct. La musique live, créée et jouée par Emma Prat, participe à créer des moments inédits, accompagne le récit.

Les conceptrices

Amélie Bonnin

Le travail d’Amélie Bonnin est à la frontière entre différentes disciplines. Après des études de design graphique à Paris puis à Montréal, elle se forme à l’écriture de scénario à la Fémis. Selon les projets, elle manie l’écriture, la vidéo et le dessin, pour mettre en forme des récits.

Elle a réalisé deux documentaires La mélodie du boucher (arte), et La bande des Français (France 3, co-réalisé avec Aurélie Charon).

 

En 2021 elle écrit et réalise Partir un jour, son premier court-métrage de fiction, une comédie musicale avec notamment Bastien Bouillon et Juliette Armanet, qui remporte de nombreux prix en festivals (Prix du public et prix de la meilleure musique au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand ; Prix de la critique, prix du public et prix d’interprétation masculine au Festival Off-courts Trouville ; Film d’ouverture du Festival International du Film Francophone de Namur (…)).

Parallèlement à ses projets en tant que scénariste-réalisatrice, elle poursuit son activité de Directrice Artistique, et signe notamment la maquette de la revue La Déferlante.

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Aurélie Charon

Productrice à France Culture, elle anime Tous en scène, le magazine du spectacle vivant (samedi 20h) et coordonne l’espace de création radiophonique L’Expérience (dimanche 22h et en podcast original).

Diplômée de Sciences Po Paris, Paris III, New York University, elle réalise depuis 2011 des séries documentaires sur la jeunesse engagée pour Radio France, dont Underground Democracy à Gaza, Téhéran, Alger et Moscou. Elle a engagé un travail au long cours sur la jeunesse française avec Une série française (2015 France Inter), Jeunesse 2016 (France Culture) et le film La Bande des Français réalisé avec Amélie Bonnin pour France 3 (2017). Elle fait le récit de ses voyages dans le livre C’était pas mieux avant, ce sera mieux après, paru aux Éditions L’Iconoclaste.

Elle créé avec Caroline Gillet et Amélie Bonnin le projet « Radio live, une nouvelle génération sur scène », pour porter ses documentaires au plateau. Elle a créé avec Mathilde Gamon la structure Radio live production.

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Vivantes_Hala-en-silence-©Amélie-Bonnin